Selon les données évoquées lors de la 17ᵉ réunion du Comité régional des Chefs de Gestion des Catastrophes en Afrique de l’Ouest (GECEAO), les pertes économiques liées aux inondations en Côte d’Ivoire restent énorme.
À Abidjan comme dans plusieurs localités du pays, les inondations ne sont plus de simples épisodes saisonniers.
Elles s’imposent désormais comme un véritable défi économique, aux conséquences durables sur la croissance, les infrastructures et le bien-être des populations.
Représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, Indira Yanni-Domingo a dressé un tableau préoccupant de la situation.
Elle a souligné que les inondations engendrent chaque année en Côte d’Ivoire près de 80 millions de dollars de pertes économiques, un chiffre qui reflète uniquement une partie des dégâts réels.
Des pertes économiques et humaines considérables
Au-delà des statistiques, la représentante du chef du gouvernement a insisté sur la dimension humaine de ces catastrophes.
« Ce sont des vies brisées, des familles déplacées, des écoles fermées, des moyens de subsistance détruits », a-t-elle déclaré, mettant en lumière les conséquences sociales qui aggravent l’impact économique.
Les zones urbaines, notamment Abidjan, sont particulièrement exposées. Les inondations y perturbent fortement les activités économiques : commerces paralysés, pertes de marchandises, difficultés de transport et ralentissement général de la production.
Des infrastructures mises à rude épreuve
Les dégâts causés aux infrastructures constituent un autre volet majeur de l’impact économique. Routes dégradées, réseaux d’assainissement saturés, habitations détruites : l’État est contraint de mobiliser d’importantes ressources pour les travaux de réhabilitation.
Cette pression budgétaire intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire doit déjà mobiliser des financements importants pour faire face aux défis climatiques.
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À titre indicatif, plus de 62 milliards de dollars sont nécessaires pour financer la résilience climatique et la transition écologique du pays à l’horizon 2030 .
Le changement climatique, facteur aggravant
Mme Indira Yanni-Domingo a également attiré l’attention sur les prévisions climatiques préoccupantes.
Les projections annoncent des précipitations supérieures à la moyenne dans plusieurs zones du pays.
Ce qui augmente le risque d’inondations, de crues soudaines et de glissements de terrain.
Dans ce contexte, elle a insisté sur l’urgence d’abandonner toute forme d’inaction.
En effet, les États doivent anticiper davantage et renforcer leurs dispositifs de gestion des risques.
Une réponse structurée pour limiter les pertes
Face à ces défis, la Côte d’Ivoire a engagé plusieurs réformes pour atténuer l’impact économique des inondations. Parmi les actions mises en avant :
D’abord, l’élaboration d’une Stratégie Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes (2020-2030).
Ensuite, la mise en place d’un profil national du risque d’inondation.
On peut aussi citer, le renforcement des capacités de prévision météorologique.
Et enfin, l’amélioration des infrastructures de drainage et d’assainissement.
En somme, ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large visant à bâtir une économie résiliente et durable.
Comme l’a rappelé Yanni-Domingo dans un autre cadre, il s’agit de « renforcer la résilience de nos territoires » face aux effets du changement climatique .
Vers une approche régionale concertée
Enfin, la représentante du Premier ministre a souligné l’importance de la coopération régionale.
Notamment à travers la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
L’objectif est d’harmoniser les stratégies, partager les bonnes pratiques.
Et également, de mettre en place des mécanismes efficaces pour réduire les pertes économiques liées aux catastrophes.
Tristan Eugène SAHI














